Cet après-midi, nous voyons le chirurgien pour le rdv post-op après la deuxième opération du 5 août dernier ... un rendez-vous décisif je pense, où on abordera l'étape du traitement...
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Deux mois déjà, ma Shaddaï-Lumière… 2 mois sans ta présence physique dans mon quotidien. Comme le temps passe… alors qu’il semble parfois figé aussi. Toujours cette étrange relativité par rapport aux évènements qui nous marquent, passent, mais laissent une empreinte indélébile dans nos cœurs.
Rassure-toi, ma belle, les 14 ans 4 mois et 2 semaines que nous avons vécus côte à côte m’ont marquée bien plus que ton départ.
Tu as même littéralement marqué ma chair. Tu avais environ un an, et tu n’étais pas habituée à la table de toilettage, ni au pulseur (gros séchoir qui éjecte l’eau des poils). Tu étais debout sur la table, face à moi. Tu as eu peur et tu m’as littéralement sauté dans les bras. Au passage, ton « ergot » m’a lacéré la peau de l’avant-bras. Ça n’a même pas saigné, moi j’ai cru que j’allais tomber dans les pommes. Juste une entaille très superficielle d’une bonne dizaine de centimètres de long, dont on pensait qu’elle aurait disparu après quelques jours. 13 ans plus tard, cette cicatrice est toujours visible, et en fait, j’y tiens beaucoup! Elle symbolise maintenant ton passage physique dans ma vie, en plus des milliers d’autres souvenirs, bien au chaud dans mon coeur…
Depuis ton AVC du 9 mai 2025, mon monde tournait autour de toi, de tes besoins, de nos moments partagés. Ce tournant m’a clairement rappelé que notre temps ensemble était compté, même si j’ignorais évidemment dans quelle mesure.
Nous avons appris plus tard que le vétérinaire ne s’attendait pas du tout à ce que tu te remettes si bien. Comme tu l’avais dit pendant une communication intuitive « j’ai la force et la volonté de continuer » … et tu as tenu ce courageux engagement pendant treize mois, jour pour jour.
Oh ça n’a pas été simple. Du tout. Les nuits blanches, les repas qui se transformaient souvent en moments d’angoisse, toute l’organisation de mes journées calquée sur tes rythmes… Mais surtout, nous avons encore eu tant de beaux moments à partager, plusieurs centaines de mini-promenades juste à nous deux, plein de selfies que tu acceptais pour me faire plaisir (il était évident que tu n’appréciais pas 😉), des moments de câlins plus précieux que tout, te sentir te blottir contre moi pour dormir… chacun a été précieux, et je l’ai savouré à sa juste valeur avec, quelque part au fond de mon cœur, la question « est-ce la dernière fois ? » …
Puis le mois de juin est arrivé.
Le lundi 2 juin, c’était le 11ème anniversaire de Zou, et cela faisait donc aussi 11 ans que tu avais donné le jour à ta seule et unique portée, à 10 chiots pleins de vie, dont tu t’es occupée à merveille, malgré une mammite quand ils avaient 4 semaines.
Le 2 juin, c’est aussi le jour où je suis allée, le cœur léger, passer une mammographie de routine. Quand la radiologue a demandé l’agrandissement d’un des clichés, j’ai tout de suite su, dans mes tripes, qu’il y avait un souci. Mais j’ai quitté le centre en entendant que « le sein gauche était normal, et le sein droit aussi ». Je me suis accrochée à ces mots-là, sans pour autant parvenir à me défaire du présentiment.
4 jours plus tard, le vendredi 5, ce même médecin m’appelait pour m’avertir qu’elle avait pris rendez-vous pour moi pour une biopsie, après avoir discuté des clichés avec des confrères, estimant qu’il valait mieux vérifier. Ce jour-là, notre vie commence à prendre un tournant inattendu. « Biopsie » rime forcément avec « cancer »…
De ton côté, nous voyions bien que tu ralentissais, que ton appétit devenait fort irrégulier, tu me réveillais toutes les heures… sans paraître souffrir heureusement. Tu continuais à me suivre partout, à chercher ma présence, à être en contact avec tous les membres de la famille même si, évidemment, tu dormais beaucoup (ce qui n’a rien d’anormal pour un chien de 14 ans).
Ce vendredi 5 juin, avec la perspective de la biopsie du 16/6, j’ai su, instinctivement, en prenant de plus en plus conscience de ta douce descente, que les résultats de la biopsie seraient mauvais.
Le samedi 6, je demande à Manu ce qu’il pense de ton état. A force de t’accompagner H24, parfois je manquais de recul. Tu étais couchée dans la cuisine, à un de tes endroits préférés. Il s’est approché de toi et t’a demandé « s’il est temps de te laisser partir, mets ta tête par terre » ; ce que tu as fait instantanément. Nous savions. Encore fallait-il accepter…
J’ai appelé le vétérinaire lundi matin pour lui dire qu’il était temps de te libérer, et il nous a fixé rendez-vous pour le lendemain soir. A la maison, pour que tu sois entourée de toute la famille lors de ta libération.
Une fois ce rendez-vous pris, quelque chose en toi s’est apaisé, profondément.
Pour nous aussi, d’une certaine façon. Ce que j’ai ressenti le plus, malgré la perspective toute proche et tellement déchirante de vivre sans toi, c’était de savoir que tu allais retrouver ta légèreté, pouvoir à nouveau courir librement, laisser éclater ta joie et ta lumière, dans une autre dimension.
Alors nous avons savouré chaque moment partagé avec la certitude que cette fois, c’était les derniers. Dans cette étrange conscience des « dernières fois ».
Le mardi 9/6, nous avons encore fait une mini-promenade, juste toi et moi. Et encore une fois, tu as accepté que je fasse quelques selfies. Des souvenirs si précieux…
Quand notre vétérinaire est arrivé, il nous a dit avoir senti que tu l’attendais, que tu étais vraiment prête, et avoir ressenti une impression de re-naissance, de libération plutôt que de mort. Tout est allé très vite, tu t’es éteinte dans mes bras, m’arrachant un morceau de cœur en retrouvant ta liberté et ton intégrité, cette lumière que tu as toujours été sur mon chemin.
Les deux semaines qui ont suivi ont été un calvaire. Vivre sans toi, c’était comme si on m’avait arraché les tripes. Après 13 mois d’attention constante, mon quotidien et mon cœur se retrouvaient brusquement vides, de sens, et de « matière ».
Je savais qu’on resterait unies pour l’éternité, mais ne percevait aucun signe de ta part, aucune présence. Juste ce vide. Cette absence. C’est là que j’ai réalisé, à posteriori, le sens que tu avais donné à ma vie pendant les 13 derniers mois.
Exactement deux semaines après ta mort, le mardi 23 juin, je suis venue m’installer dehors comme je le fais chaque matin en été, pour boire ma tasse de café au jardin, toujours au même endroit. Et là, exactement à l’endroit où je pose ma tasse, se trouvait une petite plume blanche d’environ 1 cm. Tout de suite, j’ai su que c’était toi. Qu’enfin, tu me faisais signe.
« Trouver une plume blanche sur son chemin est souvent interprété comme un signe de protection, d'espoir et de réconfort venant de l'au-delà. »
Mon cœur s’est trouvé apaisé par ce cadeau, par ta présence, sans y chercher de raison particulière. A partir de là, j’ai commencé à me sentir plus calme. Je me suis dit « ok, maintenant je vais pouvoir commencer à remonter la pente, à vraiment commencer mon deuil et à apprendre la vie sans toi ».
Mais quelques heures plus tard, notre médecin traitant m’a appelée, pour m’avertir que les résultats de la biopsie n’étaient « pas très bons » … en nous fixant un rendez-vous pour le soir-même, pour nous apprendre que j’avais un cancer du sein.
Tout de suite, j’ai repensé à la plume, et j’ai compris que tu ne m’avais pas fait ce cadeau ce matin-là par hasard, mais pour m’assurer de ton soutien au cours de ce qui allait suivre (et que nous ignorions encore).
J’ai aussi rapidement réalisé pourquoi ton « déclin » s’était précipité… tu savais que j’étais malade, bien avant que je ne l’apprenne. Et tu savais bien aussi que ce serait beaucoup trop lourd pour moi de continuer à veiller sur toi (avec toute l’intensité que cela demandait), tout en devant faire face au cancer et à toute l’énergie qu’il me demanderait, lui aussi…
Jamais je n’aurais pensé pouvoir penser ni écrire ceci, mais je te remercie d’avoir choisi ce moment pour mourir. Juste avant que je n’apprenne cette nouvelle qui allait marquer un tournant décisif sur mon chemin. Tu es partie pour me protéger et pour continuer à veiller sur moi depuis un autre plan. Tu savais que, pour pouvoir me soutenir, tu serais plus efficace de l’autre côté de l’arc-en-ciel…
C’est la première fois que je pleure à nouveau en pensant à toi, et ça me fait du bien. Le tourbillon des 9 dernières semaines a été intense… mais tu es toujours restée présente.
Manu m’a offert un cadre numérique, sur lequel j’ai mis une partie des photos de toi (4.000, seulement). Chaque jour, je l’allume, et te voir m’apaise…
Merci ma belle
Merci pour ta vie
Merci pour ta mort.
Je t’aime pour l’éternité